On se retrouve pour un nouveau Raconte-nous un cosplay , et ce mois-ci c’est Page qui nous parle de la confection de son costume de « Rumplestiltskin » de l’univers « Once Upon a Time ».
Nom du personnage : Rumplestiltskin / Mr Gold
Univers d’origine : Once Upon a Time
Genre : Série
Type de costume : Couture & Craft
Qu’est-ce qui t’a poussé à faire ce personnage ?
Retour en 2017 ! J’ai toujours apprécié les méchants car ce sont les personnages les plus intéressants à interpréter. Le personnage de Rumpelstiltskin est la personnification de la Bête du conte “La Belle et la Bête” dans la série One Upon a Time. Il est tourmenté entre le souhait de devenir un sorcier puissant et l’amour qu’il porte à Belle. Entre sa peau d’or, son allure élégante et son côté sombre : un beau défi. Et puis, avouons-le, se glisser dans la peau de croco de celui qui peut voler votre cœur … ou votre âme, c’est tentant.
Avant de démarrer, quelle partie du cosplay te faisait le plus peur ?
La peau dorée signée Rumple. Faire un maquillage crédible avec une touche d’or, sans finir en recyclage d’emballage de Ferrero Rocher, ça m’intimidait (un peu).
Les textures du costume aussi : vrai cuir crocodile, le corset en écaille … sans formation en maroquinerie, c’était costaud.
Quelle technique as-tu découverte grâce à ce cosplay ?
J’ai vraiment commencé à travailler le cuir avec ce costume. J’ai appris à donner forme à cette matière si esthétique et pas du tout vegan *shame*
C’était la première fois aussi que j’utilisais du colorant pour latex cosmétique.
Parle-nous un peu des étapes ?
Tout d’abord, il a fallu faire la recherche de références : capture des plans serrés du personnage à l’écran, en particulier de la texture de peau et des lignes du costume. J’ai étudié aussi le visage, les couleurs pour le maquillage et déterminer les moyens à mettre en œuvre pour parvenir à un rendu similaire. Puis ensuite acheter la matière première !
Comme à mon habitude, j’ai commencé par la partie couture. J’ai d’abord confectionné le pantalon et la chemise en voile de coton (pour la doublure) et mousseline de soie pour l’endroit, au moyen de patron déjà en ma possession, que j’ai adapté.
J’ai ensuite attaqué la partie la plus ardue qui était les pièces du corset. J’ai entièrement patronné cette partie. Chaque pièce est faite en suédine non extensible sur l’envers et taffetas sur l’endroit. J’avais mis pour rigidifier une épaisseur de tulle cousue entre les deux épaisseurs tissus. À l’époque, je n’avais pas encore de surjeteuse, du coup le contour de chaque pièce était recouverte d’un biais en simili cuir (de mauvaise qualité je dois dire mais ça a fait le travail) que j’ai moi même coupé.
Je me suis ensuite amusé à couper chaque écaille une par une pour réaliser un puzzle conforme à l’image de ref et chacune collée à la colle néoprène. Inutile de préciser que cette étape a pris un petit peu de temps.
Je pensais que cette étape serait la plus longue, mais finalement la partie œillet a été tout aussi longue, au grand dam de mes voisins de l’époque qui m’ont entendu taper avec un marteau environ 400 fois (dont les ratés).
Les bras non plus n’ont pas été une partie de plaisir puisque je suis parti d’un rectangle de cuir impression croco que j’ai modelé sur mon bras, en créant les reliefs qu’il manquait (la crête “dos de crocodile”) et faire des ourlets rentrés pour les bords. Toute cette partie a été faite à la main uniquement avec deux aiguilles à cuir, une droite et une courbée, et du fil de poisse noir.
Il fallait que les pièces amovibles (manchettes, col, jambières) tiennent ensemble sans gâcher l’esthétique. Le laçage corset sur toutes ces pièces n’était pas forcément suffisant, notamment pour les jambières qui avaient tendance à glisser le long de la jambe.
La dernière étape de l’ensemble a été de faire un petit weathering à la peinture acrylique.
Au point du projet où tu es rendue, quelle est la partie qui t’a donné le plus de difficultés ?
Le costume étant terminé, la partie qui m’a donné le plus de fil à retordre était littéralement la perruque. N’étant pas l’un de mes domaines de prédilection, je n’ai pas l’impression d’avoir réussi à atteindre la coupe idéal et l’effet gras.
Également, les œillets (un peu plus de 400) n’ont pas forcément été difficiles à poser, bien que quelques ratés, mais qu’est-ce que ça a été long !
Y a-t-il une pièce que tu as du refaire ? Si oui, pourquoi ?
En effet, j’ai dû corriger un petit peu les jambières. En effet, à l’occasion d’un concours en Suisse, je me suis aperçu que le fait de me déplacer faisait que les jambières glissaient, il a donc fallu que je rectifie un petit peu ces dernières pour ajouter des œillets supplémentaires afin d’attacher les deux jambes au corset de façon discrète. Et ce, afin qu’elle ne glisse plus lors de mes déplacements sur scène.
Que te reste-t-il à faire ?
Ce costume est terminé depuis 2018 !
Quand as-tu ou quand souhaites-tu sortir ce cosplay pour la première fois ?
La première fois a été lors d’une petite convention (Savoie Retro Game) qui se tenait à Cran-Gevrier, dans la banlieue d’Annecy (Haute-Savoie). On a gagné le premier prix groupe.
Y a-t-il quelque chose que tu ferais différemment ?
Si je devais reporter ce costume, je pense que je ferai un meilleur maquillage maintenant et retravaillerai la perruque pour un meilleur résultat. Elle pourra faire toujours plus. Je pense que je ferais aussi son manteau 😝.
Où as-tu acheté les fournitures ?
Après avoir trouvé le cuir idéal en impression croco, dans une vieille usine connue de la Drôme, où j’ai acheté, aiguille et fil de poisse nécessaire au travail du cuir ainsi qu’un lot de 500 oeillets à poser.
Pour le tissu, je l’ai acheté dans un magasin grossiste parisien qui vend notamment des coupons de 3 m.
Pour le maquillage, je me suis rapproché d’une connaissance qui a travaillé dans le maquillage pour le théâtre et la télévision et qui maintenant s’est spécialisé dans le maquillage FX pour les stages de pompiers, urgentistes, etc. Avec son oeil expert, on a pu étudier quelles techniques utiliser pour arriver au résultat recherché. En revendeur Ben Nye, il m’a permis d’acheter des fards gras, pinceaux de meilleur qualité, éponges, latex, etc.
A l’époque, on ne trouvait pas de chaussures à talonnette pour homme, du coup, je l’es ai commandées sur un site chinois express.
Un conseil pour quelqu’un qui se lancerait dans ce genre d’aventure créative ?
Commencer par faire des tests de maquillage avant d’investir dans du matos.
Utiliser de la mousse EVA pour ceux qui savent la travailler et la texturer, c’est plus long mais sans doute moins cher et plus écologique que le cuir. Même si l’aspect du cuir, pour moi c’est difficile de l’imiter. Mais l’avantage de la mousse est d’éviter d’investir dans le matos spécifique et à travailler avec des outils de maroquinerie.
Il faut bien entendu aussi prévoir les fixations des accessoires en amont, genre aimants puissants et couture renforcée pour la mobilité (le costume en soit est moyennement confort).
Et surtout, avoir de la patience pour les finitions : c’est là que la magie opère.
Voilà, j’espère que ça te donne envie de te plonger dans la peau (dorée) de Rumplestiltskin ! Un mix d’élégance, de monstrueux, et d’un petit grain de folie. Si tu as envie de détails sur une étape en particulier, je te raconte tout avec plaisir.
Une anecdote à raconter sur la création de ce cosplay ?
Ce costume a été un petit peu celui qui m’a fait connaître, pour l’avoir porté à plusieurs concours. Et puis, il a aussi été mon costume de sélection à la CFC en 2018. Ce costume est un peu celui à qui je dois de m’avoir forcé à trouver un pseudo de cosplayer, mon pseudo actuel !
Crédits photo : Octopix, Althea Photography
Merci à Page pour son témoignage sur la confection de ce cosplay !
N’hésitez pas à retrouver son travail sur sa page instagram !

















